Notre Histoire
Née dans la haute couture. Devenue son contraire.
En 1985, Jean-François Renaud ouvre Oclan à Québec : une boutique chic, de vêtements habillés haut de gamme pour hommes et femmes. Pendant plusieurs années, Oclan est une adresse reconnue pour ceux qui cherchent des pièces raffinées.
Puis vient 1989. Face à une époque difficile pour le Québec, Jean-François répond à la morosité ambiante avec une carte postale envoyée à ses clients. Un seul message dessus : « Fuck la mode ». Une pointe d'ironie, venant du propriétaire d'une boutique de mode chic, mais c'est justement ça qui a frappé les esprits.
La réaction ne se fait pas attendre. Les clients, enthousiasmés par l'irrévérence du message, réclament des t-shirts. Jean-François en fait imprimer 60, convaincu que ça s'arrêterait là.
Ça ne s'est pas arrêté là. Plus de 1 000 000 de t-shirts plus tard, c'est devenu un symbole de la ville de Québec.
L'ironie au cœur de la marque
Voilà ce qui rend « Fuck la mode » différente : elle vient d'un vrai monde de la mode, pas d'un rejet extérieur. Le slogan s'inscrit dans l'esprit irrévérencieux de l'époque, à l'image de Moschino et de ses messages décalés. Pour Jean-François, c'était un acte de rébellion contre la mode traditionnelle — une façon de dire : fais ce que tu veux, sans te conformer.
Et l'ironie ne s'arrête pas là. Une marque qui clame haut et fort qu'elle se fout de la mode est aujourd'hui, elle-même, devenue une marque extrêmement à la mode — recherchée, portée, reconnue. Le nom n'a jamais autant menti... et n'a jamais autant eu raison.
Le succès des t-shirts a donné naissance à toute une gamme : sweatshirts, casquettes, bas, serviettes, et même des masques pendant la pandémie. Le logo a évolué au fil des ans, donnant lieu à des déclinaisons humoristiques qui parodient les grandes marques de luxe — Gucci, Yves Saint Laurent, Givenchy, Supreme, Comme des Garçons — un clin d'œil direct à ses propres origines dans le monde du prêt-à-porter haut de gamme.
En 2020, la boutique se réinvente encore avec l'ouverture d'un café au deuxième étage : un concept où l'on peut prendre un café tout en magasinant, pensé pour donner une dimension communautaire à la marque.
Une seule adresse, depuis toujours
Malgré son succès, la marque n'a jamais cédé à la tentation de se multiplier. Depuis 1985 — d'abord comme Oclan, puis comme Fucklamode — il n'y a toujours eu qu'une seule boutique, au même endroit, à Québec. Pas de franchise, pas de deuxième succursale ailleurs au pays : juste une adresse, devenue un incontournable pour les Québécois autant que pour les visiteurs.
Des célébrités, un symbole de Québec
Le slogan interpelle un public large — des jeunes aux personnes de 80 ans, tous trouvent le message drôle et audacieux. Fait cocasse : ce sont souvent les anglophones qui réagissent le plus fort en voyant le mot « fuck » affiché en grand à l'entrée de la boutique.
Des personnalités connues ont été aperçues portant la marque : Vanessa Paradis, Lenny Kravitz, Chad Kroeger (Nickelback), Marina Orsini, Claude Dubois et Céline Dion. Aujourd'hui, plusieurs guides touristiques recommandent même aux visiteurs de Québec de rapporter un t-shirt « Fuck la mode » comme souvenir unique de la ville.
Un nouveau chapitre
En 2023, après 38 ans, la marque prend une nouvelle direction, plus haut de gamme — un clin d'œil à ses racines Oclan — sans perdre son esprit de provocation : des pièces en laine mérinos et en cachemire, des éditions limitées plus exclusives. La grande majorité des produits sont fabriqués au Canada. La boutique Fucklamode s'étend désormais sur deux étages, doublant ainsi sa superficie
En 2022, Jean-François passe le flambeau à Philippe Montminy-Turgeon, un employé de longue date d'Oclan passionné par la marque depuis son arrivée dans l'entreprise. Ensemble, ils font perdurer le message.
Toujours irrévérencieux
Fermer Oclan, ce n'était pas la fin — c'était un nouveau chapitre pour une marque devenue emblématique à Québec et bien au-delà. Née de la haute couture, devenue son contraire, et aujourd'hui plus à la mode que jamais : Jean-François et Philippe continuent de défier les conventions et de combattre la morosité, un t-shirt à la fois.